Letter Text - Page 2
Original transcript
2° Peut il y avoir rien de plus outrageant pour moi, que vous me
mandiez que vous refuserez aux experts les titres dont ils pourront
avoir besoin. On ne peut qu'en déduire que vous vous etes imaginé
que je prendrais le prétexte pour les enlever de vos possessions. de
tels procédés me sont inconnus.
Ne suis-je pas bien autorisée à penser maintenant, que la lettre
confidentielle que vous avez remis au président n'a été laissée parmi
mes pièces à produire, qu'afin de l'indisposer contre moi, mais
cependant s'il règle votre mémoire, j'espère assez de sa justice
pour qu'il le réduise à sa juste valeur.
Vous me direz sans doute relativement aux écrits, que vous avez
produits, que je vous mandais dans mes lettres de prendre tout
l'interet possible à cette affaire, certes je vous en ai prié instamment
et je crois que c'est une formule de stile bien inutile envers une
personne qui exerce un état qui demande tant de délicatesse, de
confiance et surtout de soins.
Il est un autre art. auquel je ne puis rien dire, puisque le tarif
vous l'accorde, c'est celui de la correspondance. Vous conviendrez
qu'il est un peu exorbitant, ainsi il est de toute équité, que si vous
profitez des avantages que la loi vous accorde, j'en fasse autant de
mon coté, il ne serait pas juste que vous jouissiez de tous les avantages,
sans que je puisse en faire autant du mien. Ainsi, dans l'art. de la
correspondance, je crois que vous serez suffisamment payé des requêtes,
de l'incident, du bureau de paix, et des droits de consultations.
Vous me direz peut être que je vous promis de vous payer votre
présence au bureau de paix, je m'en rappelle fort bien, mais comme tout
ce que la loi vous accorde est augmenté dans votre mémoire, je crois que
vous ne pourrez m'accuser d'injustice. Je tiens toujours à ma parole
quand on ne m'oblige pas à y manquer.
Sans doute, Monsieur, cette lettre ne vous sera pas agréable,
mais j'ai été bien patiente. J'ai consulté votre mémoire et on le
réduit beaucoup.
Je suis bien faché, Monsieur, d'en etre venu à une pareille extrémité.
Vous me dites dans une de vos lettres, qu'il parait que mon dessein
est de laisser là le partage, je vous demande si dans ma position vous
vous ralentireriez, c'est une vaine excuse que vous apporté pour
pallier la démarche que vous avez faite de vous démettre volon=
tairement de mon affaire. A peine le partage en est-il à la
moitié, et vous voudriez faire entendre que je vous ai remercié.
Je crois que les biens qui sont sous vos yeux, dans votre ville,
et aux environs, dont il m'en reviendra un tiers étaient bien capables
de vous rassurer sur ce que je vous devais. De bons jurisconsultes
à qui j'ai fait part de vos lettres et de vos mémoires, n'ont
jamais pu s'imaginer qu'un tel procédé fut d'un avoué.
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English translation
2nd, Can there be anything more outrageous for me than your informing me that you will refuse the experts the title deeds they might need. One can only deduce from this that you imagined I would use the pretext to remove them from your possession. Such actions are unknown to me.
Am I not well authorised to think now that the confidential letter you handed to the president was left among my exhibits to be produced only in order to turn him against me; but nevertheless, if he settles your bill, I hope enough from his justice that he will reduce it to its fair value.
You will doubtless tell me, regarding the writings you have produced, that I instructed you in my letters to take every possible interest in this affair; certainly I earnestly requested this of you, and I believe it is a very useless stylistic formula towards a person who exercises a profession that demands so much delicacy, trust, and above all, care.
There is another item to which I can say nothing, since the tariff grants it to you, which is that of correspondence. You will agree that it is a bit exorbitant, thus it is entirely equitable that if you take advantage of the benefits the law grants you, I should do the same on my side; it would not be fair for you to enjoy all the advantages without my being able to do the same on mine.
Thus, in the item of correspondence, I believe you will be sufficiently paid for the petitions, the incident, the bureau de paix, and the consultation fees.
You will perhaps tell me that I promised to pay you for your presence at the bureau de paix; I remember it very well, but since everything the law grants you is increased in your bill, I believe you will not be able to accuse me of injustice. I always keep my word when I am not forced to break it.
Doubtless, Sir, this letter will not be pleasant to you, but I have been very patient. I have taken advice on your bill and it is being reduced a great deal.
I am very sorry, Sir, to have come to such an extremity. You tell me in one of your letters that it seems my intention is to abandon the partition there; I ask you if in my position you would slow down;
it is a vain excuse you bring to palliate the step you took to voluntarily resign from my case. The partition is barely halfway done, and you would like to make it understood that I dismissed you.
I believe that the properties that are before your eyes, in your town, and in the surroundings, of which a third will come to me, were quite capable of reassuring you about what I owed you.
Good jurisconsults with whom I shared your letters and your bills could never imagine that such conduct was that of an avoué.