NRA-L-000018 / 1847
Family letter from G. E. de Coriolis to Édouard Blanchard, 1847-09-25
On the eve of sailing from Nantes, a young mariner bids farewell to his family, reflects on danger and separation at sea, and offers advice and affection to his cousins and siblings.
Neruda Archives
NRA-L-000018
Transcript and English translation
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Address Panel
Original transcript
A
Monsieur Edouard Blanchard
chevalier de la légion d'honneur.
Rue des bancs No 22
La Flèche.
Address Panel
English translation
To
Monsieur Édouard Blanchard
Chevalier of the Legion of Honour
22 Rue des Bancs
La Flèche
Letter Text - Page 1
Original transcript
Nantes le 25 Septembre 1847. _
Chers Cousins et Cousines. _
Tout est fini plaisir, bonheur rien de cela n'éxiste maintenant
pour moi car je pars demain et avant que de quitter Nantes
je veux y laisser une lettre pour vous tous attendu que je n'ai
pu avoir le tems chers frères et sœurs de répondre plutôt
à vos jolies lettres (qui m'ont avoir comme vous devez le penser
de bien doux moments) car je m'en allais à bord le matin à 6
heures et je n'en revenais le soir à 7 ou 8 heures et j'étais si fatigué
que je me jetais tout de suite sur mon lit je m'assoupissais et
je m'endormais jus qu'au lendemain matin. _ Oui je vais en
core revoir la mer en furie, [solance?] sur nos têtes, je vais recommencer
cette belle vie de marin, je vais en un mot ressentir toutes
les douces émotions qu'éprouve le cœur de l'homme en ayant
pour toit.... Le Ciel.... et pour tombe.... L'Océan....!!!..
Puisse le Ciel m'accorder la grâce de faire une traversée
aussi heureuse que celle de l'Ile Maurice en France, puisse
= t-il toujours jeter un regard conducteur sur moi, puisse=
= t-il dis-je me faire avoir le bonheur de vous revoir tous
dans un an et demi tels que je vous ai quittés, Ah!! c'est
alors que je serai heureuse car comment peut on l'être lorsqu'on
est constamment éloigné de ceux qu'on aime de ceux qu'on ché
rit et de ceux qu'on sait qui également nous aiment et vous
chérissent!!!! _ Lors que nous serons sous voiles et tant que
je pourrai avoir la terre de France à mes yeux je me
dirai : Là bas là très bien loin est un père une mère
des frères des sœurs qui pensent au pauvre navigateur
ils prient sans doute aussi pour lui car quelles sont
les prières qui peuvent mieux être exaucées que les vôtres
ô très chers parents. - Priez priez toujours pour moi lorsque
je serai en pleine mer et moi de mon côté je ne prierai
pas parceque je n'en suis pas capable mais je formerai
des vœux sincères pour votre bonheur et votre bonne santé
à tous. - - - - - -
Letter Text - Page 1
English translation
Nantes, 25 September 1847. _
Dear Cousins. _
Everything is over: pleasure, happiness, none of that exists now for me, for I leave tomorrow, and before leaving Nantes I want to leave a letter here for all of you, seeing that I have not had the time, dear brothers and sisters, to reply sooner to your lovely letters (which have given me, as you must imagine, very sweet moments), for I went aboard in the morning at 6 o'clock and did not return in the evening until 7 or 8 o'clock, and I was so tired that I threw myself straight onto my bed, dozed off, and slept until the following morning. _
Yes, I am once again going to see the furious sea over our heads, I am going to resume that beautiful sailor's life, I am going, in a word, to feel all the sweet emotions experienced by the human heart when it has for a roof... the Sky... and for a tomb... the Ocean...!!!
May Heaven grant me the grace of making a crossing as fortunate as the one from Mauritius to France, may it always cast a guiding eye upon me, may it, I say, grant me the happiness of seeing you all again in a year and a half just as I left you. Ah!! then I shall be happy, for how can one be so when constantly far from those one loves, those one cherishes, and those whom one knows equally love us and cherish you!!!! _
When we are under sail and for as long as I can have the land of France before my eyes, I shall say to myself: far away, very far away, are a father, a mother, brothers, sisters who are thinking of the poor navigator; they are undoubtedly praying for him too, for what prayers could be better heard than yours, O dearest relatives. -
Pray, pray always for me when I am on the open sea, and for my part I shall not pray because I am not capable of it, but I shall form sincere wishes for the happiness and good health of you all. - - - - - -
Letter Text - Page 2
Original transcript
Et toi Mon Maurice puisse le Ciel te faire recouvrer la
santé et te permette en un mot de continuer tes études afin
que tu parviennes promptement à la première Ecole tu y auras
j'aime à le penser non pas un cousin non pas un ami
pour compagnon mais un frère tout devoué car je ne rêve
qu'au moment de nous voir tous deux dans cette brillante [ma?]
école où nous avons eu un parent qui a pour ainsi dire
immortalisé son nom. - Et toi mon bon Henry penses-tu
point à la Marine Royale c'est tout ce que tu as de mieux
à faire travailles ferme aux Mathématiques de manière à
pouvoir arriver à Brest ; mais crois moi la meilleure mar-
=che qu'on puisse suivre pour devenir Marin ce n'est
pas en allant à Brest c'est en commençant comme je
commence afin de se faire recevoir plus tard au long-cours
lorsque tu seras reçu tu verras si les circonstances sont fa-
vorables et de là tu te mettras dans sur les navires de l'Etat.
Letter Text - Page 2
English translation
And you, my Maurice, may Heaven restore your health and allow you, in a word, to continue your studies so that you may promptly reach the premier School; there you will have, I like to think, not a cousin, not a friend for a companion, but a wholly devoted brother, for I dream only of the moment of seeing us both in that brilliant school where we had a relative who has, so to speak, immortalised his name. -
And you, my good Henry, are you not thinking of the Royal Navy? It is the best thing you can do; work hard at Mathematics so as to be able to reach Brest; but believe me, the best path one can follow to become a Sailor is not by going to Brest, it is by beginning as I am beginning, so as to be admitted later to deep-sea navigation; when you are admitted, you will see if circumstances are favourable, and from there you will enter upon the ships of the State.
Letter Text - Page 3
Original transcript
Merci chère soeur Cécile du gage d'amitié que vous me
donnez j'en suis extrêmement fier et penserai toujours à
vous mais je n'avais pas besoin de cela chère soeur pour le
faire car comment peut on oublier les bontés les complaisances
que vous avez eus pour moi. Je vous en remercie tout de même.
Embrassez bien pour moi Amy de même que Marie..
Et vous mes vieux parents puisse le Ciel me faire la grace
de vous serrer contre mon coeur dans quelques années d'ici..
adieu vous tous que je chéris vous tous que j'aime,
je vous souhaite Bonheur, et santé, prospérité : puisse
Dieu l'Entendre et fasse que mes voeux s'exaucent ; les
larmes me viennent aux yeux et je ne puis continuer en
pensant que maintenant je vous quitte et peut être pour
................ toujours.. j'en ai pas le temps de la
lettre parce qu'il commence à faire nuit et que je tiens à l'envoyer
aujourd'hui.. adieu encore une fois..
Croyez moi
votre tout dévoué et très affectionné cousin et
ami
G. E. de Coriolis
Letter Text - Page 3
English translation
Thank you, dear sister Cécile, for the token of friendship you give me; I am extremely proud of it and shall always think of you, but I did not need that, dear sister, to do so, for how can one forget the kindnesses and the consideration you have had for me. I thank you for it all the same. Embrace Amy warmly for me, as well as Marie..
And you, my old parents, may Heaven grant me the grace of holding you against my heart a few years from now.. farewell, all of you whom I cherish, all of you whom I love, I wish you Happiness, and health, prosperity: may God Hear it and cause my wishes to be fulfilled; tears come to my eyes and I cannot continue when I think that I am now leaving you and perhaps for ................ forever.. I have no time for the letter because night is beginning to fall and I am anxious to send it today..
farewell once more..
Believe me your entirely devoted and very affectionate cousin and friend
G. E. de Coriolis
Discovery Terms
- Historical correspondence
- Private collection
- Family letter
- French language