Letter Text - Page 2, marginal note and signature
Original transcript
fort contrarié. Si tu ne m'avais pas indiqué la
voie à suivre, j'en aurais cherché une plus expéditive,
et je viens (à cet effet) de prier Mr. Goguet, si la caisse, que
tu attends sans doute avec quelque impatience, est
encore à Toulon, de la diriger sur Marseille par
les messageries imp.les et ensuite à Beyrouth par
les paquebots de cette administration. J'espère
qu'ainsi tu seras plus tôt satisfait; j'ai recommandé
d'acquitter les frais de transport.
Il m'est arrivé ces jours derniers (le 23 9bre) une petite boîte
renfermant ta montre et un petit billet daté du 30
octobre, m'expliquant la cause de cet envoi. C'est
le soldat de Mr Mounier qui m'en a fait la
remise, Mr Mounier étant malade. Je me suis
présenté le lendemain chez cet officier qui était sorti:
ce qui me porte à croire que sa maladie n'est pas
bien grande. J'ai toutefois regretté de ne l'avoir pas
rencontré, puisque j'ai été ainsi privé du plaisir
de m'entretenir de toi.
Ton billet, mon ami, nous menace de la privation
de ta correspondance, si tu ne reçois pas de nos lettres
à chaque courrier. Je ne pense pas que cette
exigence soit sérieuse: car tu sais bien qu'ici nous
ne sommes sujets, qu'aux vicissitudes ordinaires de la
vie, tandis que, là-bas, tu cours les chances des maladies
d'un climat nouveau pour toi, et celles que peut amener
l'état de guerre; qu'ainsi n'ayant point à concevoir
d'inquiétude permanente à notre égard, tu n'as pas besoin
de recevoir si souvent de nos nouvelles, tandis qu'il nous
importe à nous, pour les raisons que je viens de dire, que
tu ne négliges pas de nous donner des tiennes.
Nous ferons en sorte que tu puisses à l'avenir te servir
avec sécurité de ta montre et de t'envoyer prochainement
les objets spécifiés dans ton billet.
Nous te félicitons d'habiter avec Mr Du Broda
un palais druse, et nous désirons bien sincèrement que vous
contribuiez à reconstruire cette pauvre ville de Deir el
Kamar, si maltraitée par le fanatisme turc.
Ne manque pas, comme je t'en ai prié, de nous
donner, chaque fois que tu nous écriras, des nouvelles de
MMrs Du Brodan et Combette ainsi que des
détails sur votre manière de vivre dans un pays où
les usages français sont probablement inconnus. On
dit la Syrie abondante en gibier et vous ne devez pas
manquer de cuisiniers parmi vos hommes.
Adieu, mon cher enfant, je t'exhorte vivement et ta
mère aussi à te ménager et à prendre de toi tous les soins possibles
Toute la famille t'embrasse tendrement
[V. D. Cléry?]
[marginalia]
Je viens de recevoir la nouvelle, que je te communique, avec le plus grand plaisir, de
la promotion de Charles à la 1re classe de son grade.
Letter Text - Page 2, marginal note and signature
English translation
greatly annoyed. Had you not indicated the route to follow, I would have sought a more expeditious one. To that end, I have just asked Mr Goguet, if the crate you are no doubt awaiting with some impatience is still in Toulon, to send it to Marseille by the Messageries Impériales and then to Beirut on that company's steamships. I hope this will satisfy you sooner; I have arranged for the transport costs to be paid.
A small box reached me a few days ago, on 23 November, containing your watch and a short note dated 30 October explaining the reason for sending it. One of Mr Mounier's soldiers delivered it to me, as Mr Mounier was ill. The following day I called at the officer's home, but he had gone out, which leads me to believe that his illness is not very serious. I nevertheless regretted not meeting him, since I was thus deprived of the pleasure of talking about you.
Your note, my friend, threatens to deprive us of your letters unless you hear from us by every mail. I do not think you can be serious in making this demand. You know that here we are exposed only to the ordinary vicissitudes of life, whereas over there you face illnesses caused by a climate new to you and dangers arising from war. Since you have no reason to remain constantly anxious about us, you need not hear from us so often; whereas, for the reasons just given, it matters greatly to us that you do not neglect to send news of yourself.
We shall make sure that you can use your watch safely in future, and shall soon send you the articles specified in your note.
We congratulate you on living with Mr Du Broda in a Druze palace, and we very sincerely hope that the two of you will help to rebuild the poor town of Deir el Kamar, so badly treated by Turkish fanaticism.
Do not fail, as I have asked, to give us news of Messrs Du Brodan and Combette whenever you write, as well as details of your way of life in a country where French customs are probably unknown. They say Syria abounds in game, and you should have no shortage of cooks among your men.
Farewell, my dear child. Your mother and I strongly urge you not to overexert yourself and to take every possible care of your health.
The whole family embraces you tenderly.
[V. D. Cléry?]
In the margin:
I have just received the news, which I communicate to you with the greatest pleasure, of the promotion of Charles to the 1st class of his rank.