NRA-L-000324 / 1852
Letter from S. A. Perrin to Fritz Berthoud describing her home and family news, December 25, 1852
S. A. Perrin gives Fritz Berthoud a detailed tour of her home, reflects on age, grief and faith, sends news of relatives and children, discusses clothing and household expenses, and urges the family to visit Switzerland.
Neruda Archives
NRA-L-000324
Transcript and English translation
working scholarly aid
Address panel
Original transcript
Monsieur fritz Berthoud
rue de la chaussée d'Antin No 43
Paris.
Address panel
English translation
Mr. Fritz Berthoud
Rue de la Chaussée d'Antin No. 43
Paris.
Letter text - Page 1
Original transcript
Mon cher fritz, parcoure tout le faubourg
arrive près du cret, entre chez Mad. Godet,
arrête toi au premier étage en face de l'escalier
ouvre une porte et tu te trouveras au milieu
de mon salon, qui est fort beau au dire des
amateurs qui admirent le bon goût de l'étoffe
du meuble, puis les jolis petits tapis devant les
chaises, à droite est ma chambre à coucher avec
un lit sans rideaux (ce qui est dans ma convenance
le lit de repos noir de la chambre à manger de
fleurier, les chaises idem, mon burreau, une commode
au dessus de la qu'elle est ton ch[?]ill, puis traverse
le salon tu trouveras ma chambre à manger
avec une table six chaises en paille, un bufet
dans le fond, et pour preuve des vicicitudes humaine
ma pendule, compagne de mon enfance, et qui dans
sa vieillesse na pu suporter le voyage, et m'est arrivée
comme un corps mort gardant un impertublable
silence, ce qui m'est assez désagréable à cette distance
de la ville; souvent je suis dans le cas d'aller savoir
chez mes voisines l'heure qu'il est. J'ai encore une
chambre pour mes amis, mes neveux et nièces surtout
mes filleuls, de celle ci on ne voit pas comme des autres
le lac et les Alpes, mais on enfille toute la ville, et
Letter text - Page 1
English translation
My dear Fritz,
Walk through the whole faubourg. When you reach the crêt, enter Madame Godet's house, stop on the first floor opposite the stairs, open a door, and you will find yourself in the middle of my drawing room. It is very beautiful, according to connoisseurs, who admire the good taste of the upholstery and the pretty little rugs in front of the chairs. To the right is my bedroom, with a bed without curtains (which suits me), the black daybed from the dining room at Fleurier, the matching chairs, my desk, and a chest of drawers above which is your [illegible]. Cross the drawing room and you will find my dining room, with a table, six straw-seated chairs, and a sideboard at the back. And, as proof of human vicissitudes, there is my clock, companion of my childhood, which in its old age could not endure the journey and reached me like a corpse, maintaining an imperturbable silence. This is rather inconvenient at such a distance from town; I often have to ask my neighbours the time. I also have a room for my friends, my nephews and nieces, and especially my godchildren. From it one cannot see the lake and the Alps as from the others, but one looks down the length of the town and will be able to observe every movement in the Jequier house when it is inhabited, which will happen sooner or later, probably too late for me to enjoy it.
Letter text - Pages 2 and 3
Original transcript
l'on poura observer tous les mouvement qui se feront
dans la maison Jequier lors qu'elle sera habitée ce
qui arrivera tôt ou tard, probablement trop tard pour
que j'en jouisse. car voici encore une année écoulée, et
combien n'en ai-je déja pris sur le commun des hommes?
dans celle ci je me demande pourquoi est ce moi qui reste?
et toujours ma reponse est, les voies de Dieu ne sont
pas les nôtres, puisse-ai-je entrer dans ses vues et les
comprendre, pour employer le tems qu'il me donne encore
à passer sur cette terre, à le servir et à l'adorer, je ne
lui demande pas d'augmenter mon affection pour toi
mon cher fritz cela serait impossible, mais je lui
demande de te bénir dans tes espérances, dans tes
entreprises, que cette année loin d'éclaircir nos rangs
les resert, que nous voyons autour de nous des enfants
élevés dans notre religion et préparé pour le but
finale de la vie, mes voeux s'étendent sur ta femme et
sur tes enfants dis le leur en leur faisant mes plus
tendres complimens, annonce à cette première deux petites
brassières que ainsi que quelques paires de bas atten
dent une occasion, a moins que vous n'aimiez mieux
courir les chances du roulage pour un petit paquet
puis les frais du 30 pour 100, d'entrée, ce qui rendrait
les bas bien chers. je ne peux les évaluer en masse comme
le demande Ernestine, car cela dépend de la fourniture,
il entre à ceux de laine pour près de f 3 de matière
puis la façon et le port tout coute. la vie est chère
ici plus qu'ailleurs je ne sais vraiment comment
avec de petites rentes on peut se tirer d'affaire; et
j'envie presque le sort de ton frère qui peut suffire
à tout. sauf aux devoirs d'amitié, la mienne réclame
-rait plus de visites de leur part, et cependant je
sais qu'ils m'en font autant que possible; depuis la
mort de Mme Du Pasquier, leur père et mère ont
encore plus besoin d'eux surtout en l'absence de Melle
Julie; la santé de Carolinne ne souffre pas de ces
courses journalières, même elle me paroit mieux
les enfants grandissent Elisa devient sage, et Jules
turbulent, il aurait bien besoin d'un petit frère
espérons le pour l'année qui va commencer. je ne
sais ce qui en sera à Montet. Philippine qui a
passé deux jours chez son frère est toujours si
belle et immence en corpulence. ta soeur Emelie
m'écrit que Jean est de plus en plus estropié.
j'en prends moins mon parti qu'elle. du reste de
la famille je ne sais que te dire, ma soeur Vaut
est une plante qui ne peut plus pousser de feuilles
le printems pourrait l'emmener. En Italie on garde
un superbe silence vis à vis de moi, un billet m'a
annoncé leur retour sous le toit paternel. par les
étrangers (aux quels ils écrivent) je sais que ma
belle soeur va mieux, et est, très affligée de la mort
de son dernier parent, Mr Sandoz, il a laissé trois
petites filles et point d'héritier de son nom. Dieu
trouve mille moyens d'abatre l'orgueil des
Letter text - Pages 2 and 3
English translation
For another year has passed, and how many have I already lived beyond the common span of men? This year I ask myself why it is I who remain. My answer is always: God's ways are not ours. May I enter into His purposes and understand them, so that I may use the time He still gives me on this earth to serve and adore Him. I do not ask Him to increase my affection for you, my dear Fritz; that would be impossible. But I ask Him to bless you in your hopes and undertakings; may this year, far from thinning our ranks, draw them closer together; may we see around us children brought up in our religion and prepared for life's final end. My wishes extend to your wife and children; tell them so, with my tenderest regards. Tell your wife that two little baby jackets and several pairs of stockings are awaiting an opportunity, unless you would rather risk sending a small parcel by carrier and then paying the 30 per cent import duty, which would make the stockings very expensive. I cannot price them as a lot, as Ernestine asks, for that depends on the materials used. The woollen ones alone contain nearly three francs' worth of material; then there are the making and postage. Everything costs. Life is dearer here than elsewhere; I truly do not know how people manage on small incomes. And
I almost envy your brother, who is able to meet every demand except the duties of friendship. Mine would require more visits from them, though I know they visit me as often as possible. Since Mme Du Pasquier's death, their father and mother need them even more, especially while Mlle Julie is away. Carolinne's health does not suffer from these daily errands; indeed, she seems better. The children are growing: Elisa is becoming sensible and Jules boisterous; he really needs a little brother. Let us hope for one in the year about to begin. I do not know what will happen at Montet. Philippine, who spent two days at her brother's, is still so beautiful and enormously stout. Your sister Emelie writes that Jean is becoming more and more crippled. I am less resigned to it than she is. I do not know what to tell you of the rest of the family. My sister Vaut is a plant that can no longer put out leaves; spring may carry her off. In Italy they maintain a magnificent silence towards me. A note announced their return beneath the paternal roof. From outsiders—to whom they write—I know that my sister-in-law is better and deeply afflicted by the death of her last relative, Mr Sandoz. He left three little girls and no heir to his name. God finds a thousand ways to humble the pride of men by showing them what they are and what their plans amount to.
Letter text - Page 4 and signature
Original transcript
hommes en leur montrant ce qu'ils sont, et ce que peuvent
leurs projets. Le mien est d'aller passer le 1r Janvier
à Boudry. je ne peux me décider à rester ici au
milieu d'une famille étrangère qui me rappellerait
bien plus ce que j'ai perdu que ce qui me reste, qui
suffirait bien à mon bonheur si le coeur ne saignait
pas encore, mais les plaies que rien ne ferme sont
longues à cicatriser; malgré cela je suis reconnais
-sante envers l'être suprême, et envers les personnes
qui ne m'oublient pas, c'est te dire, mon cher fritz
que tu me fais éprouver ce sentiment. j'en parle
souvent à Mmes Godet qui vous disent mille
choses, si le tems, qui nous donne des fleurs le 25
Xbre se soutient nous irons faire en Janvier
une visite à Montet, ce sera voir les enfans de la
mère mais non pas elle; il faut la chercher la
haut! là haut! et aspirer à l'y joindre, et a nous
y tous réunir un jour; en attendant voyons nous
le plus souvent possible, ne nous manquez pas pour
l'été, que ton fils apprenne en naissant que la Suisse
est sa patrie, et qu'il y trouvera toujours des
coeurs disposés à l'aimer. Adieu, mon cher fritz
si tu vois Mme Emma rappele moi à son souvenir
et que ta vieille tante aie toujours une place dans
le tien, elle est due à son attachement bien tendre
le 25 Xbre
S. A. Perrin.
à propos je vais écrire à Samuel de m'amener un
char d'écorces qui ne se vendent pas à fleurier, et que je
je te payerai à sa vue, ou si tu aimes mieux à ton frère
Letter text - Page 4 and signature
English translation
My plan is to spend 1 January at Boudry. I cannot bring myself to remain here in the midst of a family of strangers, which would remind me far more of what I have lost than of what remains to me. What remains would be quite enough for my happiness if my heart were not still bleeding; but wounds that nothing closes are slow to heal. Despite this, I am grateful to the Supreme Being and to the people who do not forget me. That is to tell you, my dear Fritz, that you make me feel this gratitude. I often speak of it to Mesdames Godet, who send you a thousand kind messages. If this weather, which is giving us flowers on 25 December, continues, we shall visit Montet in January. We shall see the mother's children, but not her; we must look for her up there! up there! and aspire to join her there, and all to be reunited there one day. In the meantime, let us see one another as often as possible. Do not fail to come to us in the summer. Let your son learn from birth that Switzerland is his homeland and that he will always find hearts there ready to love him.
Farewell, my dear Fritz. If you see Mme Emma, remember me to her, and may your old aunt always have a place in your memory; it is owed to her very tender affection.
25 December
S. A. Perrin
By the way, I am going to write to Samuel to bring me a cartload of bark that cannot be sold in Fleurier, and I shall pay you for it on delivery—or your brother, if you prefer.
Discovery Terms
- Family correspondence
- Domestic life
- Homes and interiors
- Grief and mourning
- Religious faith
- Children
- S. A. Perrin
- Fritz Berthoud
- Neuchatel
- Paris