NRA-L-000013 / 1810
Letter from Flavie Duval to Monsieur Noguès Jeune, avoué, 1810-05-28
Private-collection record for a letter dated 1810-05-28 from Flavie Duval to Monsieur Noguès Jeune, avoué. Related places: Rennes, Ille-et-Vilaine, France; Redon, Ille-et-Vilaine, France. Source language: French.
Neruda Archives
NRA-L-000013
Transcript and English translation
working scholarly aid
Address Panel
Original transcript
Monsieur
Monsieur Nogues Jeune
Avoué Grand Rue
à Redon
Address Panel
English translation
To Monsieur Nogues Jeune
Avoué, Grand Rue
Redon
Letter Text - Page 1
Original transcript
Rennes le 28 Mai 1810
Monsieur.
Vos lettres en datte des 1er Mars, 26 avril, 15 mai, 24 mai et
autres, me sont toutes parvenues. Vous aurez été surpris de ne pas
recevoir de réponse de ma part. Mais vous ayant fait connoître moi-
-même ma position pendant que j'étois à mes vendanges, cette espece
de production ayant totalement manqué aussi bien que mes prairies,
et la peine qu'on a à être payée des fermiers, vous seroit facile-
-ment juger que je puis être à court d'argent. ainsi, n'ayant pu et ne
pouvant vous en donner, ou du moins, ce ne seroit qu'un très foible
acompte relativement à votre mémoire, j'ai autant aimé garder
le silence que de vous donner des réponses qui ne vous eussent point
satisfaites.
En vous accordant ma confiance dans cette instance, je m'imaginai
que vous eussiez pris pour regle l'art. 823 du code Napoléon, qui dit
qu'en matiere de partage tout doit être traitté sommairement; d'après
cet art. vous n'avez pu sans y contrevenir fournir des écritures
aux quelles mes co-partageantes seroient fondées à refuser de
concourir au payement et cependant tous les frais de partage doivent
être repartis entre les successibles en raison du droit d'un chacun.
Il suit de l'art. 823 que les requêtes, et incidens qu'il vous a plût de
fournir en mon nom, sont des frais frustratoires. Il est sans exemple,
que dans une instance de partage et avant la consommation, avant
l'expertise, avant le reglement des comptes, les frais d'une seule
partie s'élevent à près de cinq cens francs.
Deux procédés m'ont été sur tout extremement sensibles 1° l'im-
-putation que vous avez faite, d'une partie de la somme de 150 tt que
je vous ai compté, sur un objet étranger à ma cause, j'entends
parler des dépens que vous reclamez pour les frais faits dans le
procès de ma mere. Vous deviez vous rappeller, Monsieur, que quand
vous m'en parlates, je vous témoignai que je n'en ferais pas de pres-
-cription, mais je ne vous autorisai point à faire cette imputation. Il
étoit naturel que je visse terminer un procès ruineux. Si vous ne
m'eussiez pas traitté avec le peu de considération que vous faites, je n'aurois
pas été difficile sur cet examen.
Letter Text - Page 1
English translation
Rennes, 28 May 1810
Sir,
Your letters dated March 1st, April 26th, May 15th, May 24th, and others, have all reached me. You must have been surprised not to receive a reply from me. But having made my situation known to you myself while I was at my grape harvest, this type of production having completely failed as well as my meadows, and the difficulty one has in getting paid by the tenant farmers, it would be easy for you to judge that I might be short of money. Thus, having been unable and being unable to give you any, or at least, it would only be a very weak installment relative to your mémoire, I preferred to keep silent rather than give you answers that would not have satisfied you at all.
In granting you my trust in this proceeding, I imagined that you would have taken as a rule Article 823 of the Code Napoléon, which states that in matters of partition everything must be treated summarily; according to this article, you could not, without contravening it, provide written pleadings for which my co-partageantes would be justified in refusing to contribute to the payment, and yet all partition costs must be distributed among the heirs in proportion to each one's right. It follows from Article 823 that the petitions and incidents that it pleased you to provide in my name are frais frustratoires. It is unprecedented that in a partition proceeding and before the consummation, before the expert appraisal, before the settlement of accounts, the costs of a single party rise to nearly five hundred francs.
Two actions have been especially extremely painful to me: 1st, the imputation you made of a part of the sum of 150 tt that I paid you, to an object foreign to my case; I mean the expenses you claim for the costs incurred in my mother's lawsuit. You should have remembered, Sir, that when you spoke to me about it, I testified to you that I would not invoke the statute of limitations on it, but I did not authorize you at all to make this imputation. It was natural that I should see a ruinous lawsuit concluded. If you had not treated me with the little consideration that you do, I would not have been difficult about this examination.
Notes
Legal terms: Avoué, mémoire, co-partageantes, frais frustratoires, bureau de paix, and jurisconsultes are retained in French because they carry specific legal or institutional meanings. Currency: The abbreviation 150 tt probably denotes livres tournois, although the manuscript symbol remains somewhat uncertain.
Letter Text - Page 2
Original transcript
2° Peut il y avoir rien de plus outrageant pour moi, que vous me
mandiez que vous refuserez aux experts les titres dont ils pourront
avoir besoin. On ne peut qu'en déduire que vous vous etes imaginé
que je prendrais le prétexte pour les enlever de vos possessions. de
tels procédés me sont inconnus.
Ne suis-je pas bien autorisée à penser maintenant, que la lettre
confidentielle que vous avez remis au président n'a été laissée parmi
mes pièces à produire, qu'afin de l'indisposer contre moi, mais
cependant s'il règle votre mémoire, j'espère assez de sa justice
pour qu'il le réduise à sa juste valeur.
Vous me direz sans doute relativement aux écrits, que vous avez
produits, que je vous mandais dans mes lettres de prendre tout
l'interet possible à cette affaire, certes je vous en ai prié instamment
et je crois que c'est une formule de stile bien inutile envers une
personne qui exerce un état qui demande tant de délicatesse, de
confiance et surtout de soins.
Il est un autre art. auquel je ne puis rien dire, puisque le tarif
vous l'accorde, c'est celui de la correspondance. Vous conviendrez
qu'il est un peu exorbitant, ainsi il est de toute équité, que si vous
profitez des avantages que la loi vous accorde, j'en fasse autant de
mon coté, il ne serait pas juste que vous jouissiez de tous les avantages,
sans que je puisse en faire autant du mien. Ainsi, dans l'art. de la
correspondance, je crois que vous serez suffisamment payé des requêtes,
de l'incident, du bureau de paix, et des droits de consultations.
Vous me direz peut être que je vous promis de vous payer votre
présence au bureau de paix, je m'en rappelle fort bien, mais comme tout
ce que la loi vous accorde est augmenté dans votre mémoire, je crois que
vous ne pourrez m'accuser d'injustice. Je tiens toujours à ma parole
quand on ne m'oblige pas à y manquer.
Sans doute, Monsieur, cette lettre ne vous sera pas agréable,
mais j'ai été bien patiente. J'ai consulté votre mémoire et on le
réduit beaucoup.
Je suis bien faché, Monsieur, d'en etre venu à une pareille extrémité.
Vous me dites dans une de vos lettres, qu'il parait que mon dessein
est de laisser là le partage, je vous demande si dans ma position vous
vous ralentireriez, c'est une vaine excuse que vous apporté pour
pallier la démarche que vous avez faite de vous démettre volon=
tairement de mon affaire. A peine le partage en est-il à la
moitié, et vous voudriez faire entendre que je vous ai remercié.
Je crois que les biens qui sont sous vos yeux, dans votre ville,
et aux environs, dont il m'en reviendra un tiers étaient bien capables
de vous rassurer sur ce que je vous devais. De bons jurisconsultes
à qui j'ai fait part de vos lettres et de vos mémoires, n'ont
jamais pu s'imaginer qu'un tel procédé fut d'un avoué.
Letter Text - Page 2
English translation
2nd, Can there be anything more outrageous for me than your informing me that you will refuse the experts the title deeds they might need. One can only deduce from this that you imagined I would use the pretext to remove them from your possession. Such actions are unknown to me.
Am I not well authorized to think now that the confidential letter you handed to the president was left among my exhibits to be produced only in order to turn him against me; but nevertheless, if he settles your mémoire, I hope enough from his justice that he will reduce it to its fair value.
You will doubtless tell me, regarding the writings you have produced, that I instructed you in my letters to take every possible interest in this affair; certainly I earnestly requested this of you, and I believe it is a very useless stylistic formula towards a person who exercises a profession that demands so much delicacy, trust, and above all, care.
There is another item to which I can say nothing, since the tariff grants it to you, which is that of correspondence. You will agree that it is a bit exorbitant, thus it is entirely equitable that if you take advantage of the benefits the law grants you, I should do the same on my side; it would not be fair for you to enjoy all the advantages without my being able to do the same on mine. Thus, in the item of correspondence, I believe you will be sufficiently paid for the petitions, the incident, the bureau de paix, and the consultation fees.
You will perhaps tell me that I promised to pay you for your presence at the bureau de paix; I remember it very well, but since everything the law grants you is increased in your mémoire, I believe you will not be able to accuse me of injustice. I always keep my word when I am not forced to break it.
Doubtless, Sir, this letter will not be pleasant to you, but I have been very patient. I have sought advice on your mémoire and it is being reduced significantly.
I am very sorry, Sir, to have come to such an extremity. You tell me in one of your letters that it seems my intention is to abandon the partition there; I ask you if in my position you would slow down; it is a vain excuse you bring to palliate the step you took to voluntarily resign from my case. The partition is barely halfway done, and you would like to make it understood that I dismissed you. I believe that the properties that are before your eyes, in your town, and in the surroundings, of which a third will come to me, were quite capable of reassuring you about what I owed you. Good jurisconsultes to whom I shared your letters and your mémoires could never imagine that such conduct was that of an avoué.
Closing and Signature
Original transcript
J'ai l'honneur de vous Saluer
Flavie Duval
Closing and Signature
English translation
I have the honor to greet you,
Flavie Duval
Discovery Terms
- Historical correspondence
- Private collection
- Letter
- French language